Hugues Pierron de Mondésir, périple Bulgare

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La Bulgarie,  est un pays d’Europe du Sud-Est situé dans la péninsule balkanique. La Bulgarie couvre une partie du territoire de l’ancienne Thrace. Elle est bordée par la mer Noire à l’est, au sud par la Grèce et la Turquie, au nord par le Danube et la Roumanie, à l’ouest par la Serbie et la République de Macédoine.
Les premiers vestiges de civilisation sur son territoire datent de la fin du chalcolithique vers 4600 av. J. C. Fondée en 680-681, la Bulgarie est un État successeur de la Grande Bulgarie et le plus ancien pays slave encore en existence. Elle était un empire puissant au Moyen Âge, dans la période de 681 à 1018 (Premier Empire) et de 1185 à 1396 (Second Empire). Après 1371, à cause d’une crise politique, le Second Empire se morcelle en quelques petites principautés, qui tombent sous les attaques ottomanes à la fin du siècle. Après une série de révoltes dans les années 1800, une principauté bulgare se forme et obtient son indépendance en 1908. Jusqu’en 1944, la Bulgarie est alliée à l’Allemagne et elle devient un pays socialiste sous l’influence de l’URSS en 1946. En 1990, le régime communiste tombe et la République de Bulgarie est formée.
La Bulgarie est une république parlementaire et démocratique avec un haut Indice de développement humain (0,782,). Le pays fait partie de l’Union européenne, l’OTAN, l’Organisation mondiale du commerce.
e nom Bulgarie vient du nom du peuple principal dans le Premier royaume bulgare, les Proto-Bulgares.
La Bulgarie se trouve en Europe du Sud-est, avec 1 808 km de frontières terrestres (Roumanie 608 km ; Grèce 494 km ; Serbie 318 km ; Turquie 240 km ; République de Macédoine 148 km). La longueur du littoral est de 354 km et l’altitude s’élève de 0 m (la côte de la Mer Noire) à 2 925 m (le mont Mousala).
La principale caractéristique du pays est sa division en bandes de montagnes et de plaines orientées est-ouest. Du nord au sud se succèdent le plateau Danubien, les massif des Balkans (Stara planina), la Thrace du nord et le massif des Rhodopes. La partie Est, près de la mer Noire, est constituée de collines qui gagnent progressivement en hauteur en allant vers l’Ouest. La partie Ouest du pays est constituée uniquement de montagnes.
Plus des deux tiers du pays, constitués de plaines, plateaux et collines, se situent à une altitude inférieure à 600 mètres. Les plaines (moins de 200 mètres d’altitude) représentent 31 % de la surface du pays, les plateaux (entre 200 et 600 mètres) 41 % de la surface, les montagnes de faible élévation (entre 600 et 1 000 mètres) 10 %, les montagnes moyennes (entre 1 000 et 1 500 mètres) 10 % et les montagnes élevées (plus de 1 500 mètres) 3 %6. L’altitude moyenne de la Bulgarie est de 470 mètres.
Des montagnes relativement hautes occupent la zone située entre le Bassin de Sofia, la Plaine de Thrace et la frontière avec la Grèce au Sud : les monts de Vitocha au sud de Sofia, le Massif de Rila plus loin au Sud et le massif de Pirin au Sud Ouest de la Bulgarie. Ces montagnes constituent les paysages les plus saisissants de la Bulgarie et de toute la péninsule des Balkans. Le massif du Rila culmine au Mont Mousala, plus haut sommet des pays Balkans. Une douzaine d’autres sommets dans le même massif culminent à plus de 2 600 mètres. Les plus hautes montagnes se caractérisent par des sommets rocheux et des lacs situés au-dessus de la limite arbustive. Les sommets moins élevés sont couverts de prairies alpestres qui donnent à la chaîne une image de paysage verdoyant. La chaîne de Pirin est caractérisée par des sommets et des pentes rocheuses. Son plus haut sommet est le mont Vihren, la deuxième plus haute montagne de Bulgarie. Plus à l’Est se trouve le vaste massif des Rhodopes.
Deux ensembles montagneux (le Grand Balkan et les Rhodopes) atteignent une altitude moyenne de 2 000 mètres et commandent un réseau de petites vallées dont la plus connue est la vallée des roses. Les plaines s’étendent au nord. Elles sont irriguées par les affluents du Danube.
La Bulgarie a un réseau de 540 rivières, dont la plupart sont plutôt courtes8. Toutes les rivières de Bulgarie sauf l’Iskar sont issues du massif des Balkans. L’Iskar prend sa source dans le massif de Rila et coule vers le Nord en traversant la banlieue Est de Sofia puis à travers une vallée dans les montagnes des Balkans pour finalement se jeter dans le Danube. Le Danube reçoit environ 4 % de ses eaux des affluents de Bulgarie. Le cours du Danube le long de la frontière de la Bulgarie est large de 1,6 à 2,4 km. La période des hautes eaux se situe en juin. Le fleuve est gelé en moyenne durant 40 jours par an9.
En 4600 avant l’ère chrétienne, une mystérieuse civilisation s’installe sur les rives de lacs voisins de la mer Noire, tout près de l’actuelle ville de Varna. Cette culture de Varna, datant de la fin du chalcolithique, connaîtra un développement culturel et technologique sans précédent pour l’époque. Ce sont d’abord d’admirables poteries, des idoles en os et en pierre, et des outils de cuivre qui en révèlent l’existence puis une découverte fortuite, en 1972, si stupéfiante que son annonce fera le tour du monde. À quelques kilomètres de Varna, se trouve une nécropole contenant les objets d’or les plus anciens jamais découverts à ce jour. La ville de Solnitsata est considérée comme la plus ancienne cité européenne.
Entre 4600 et 4200 ans avant notre ère, bien avant la Mésopotamie ou l’Égypte des pyramides, l’orfèvrerie a débuté sur les rives de la mer Noire, dans la Bulgarie actuelle. Les plus riches tombes renferment des diadèmes et des sceptres en or, des haches et pointes de javelot à fort poids de cuivre, des parures raffinées, des céramiques finement décorées. L’étude des quelque 300 sépultures de la nécropole de Varna démontre, à l’âge du cuivre, l’existence d’une société fortement hiérarchisée.La Thrace doit son nom aux Thraces, peuple indo-européen qui occupait cette région. Leur existence est attestée par Homère dans l’Iliade au chant X. Ils furent un peuple hautement civilisé peuplant, pendant l’Antiquité, le territoire de l’actuelle Bulgarie. Varna fait partie des plus anciennes villes d’Europe. L’ancienne « Odessos » a été fondée au vie siècle av. J.-C. (environ en 570 av. J.-C.) par les colonisateurs de Milet. Mais la région était déjà peuplée depuis longtemps par les Thraces, dès le IIe millénaire av. J.-C., et même avant, par la mystérieuse « Culture Varna » (Chalcolithique) qui a développé la poterie et l’orfèvrerie. Cette civilisation nous a laissé les plus vieux bijoux en or du monde datés du Ve millénaire av. J.-C..
Les Thraces se répartissent en diverses tribus jusqu’à ce que le roi Térès les réunisse autour d’un État, vers 500 avant notre ère. Le royaume de Thrace atteint son apogée sous le règne des rois Sitalcès et Cotys Ier (383-359 avant J.-C.), de la dynastie des Odryses ; détruit et envahi par la Macédoine de Philippe, le père d’Alexandre, il connaît un renouveau sous Seuthès III en -341. En 188 de notre ère, la Thrace est définitivement intégrée dans l’Empire romain qui, petit à petit, romanise les populations au nord d’une ligne nommée Jirecek (du nom de l’historien du xixe siècle qui l’identifia), tandis qu’au sud de cette ligne, les Thraces s’hellénisèrent.
À partir du vie siècle arrivent, le plus souvent pacifiquement, les Slavons, des Slaves qui s’installent parmi les populations thraces romanisées ou hellénisées. Les Slavons deviennent progressivement majoritaires. À partir du vie siècle arrivent les Bulgares. Il s’agit d’une confédération de peuples et tribus d’Asie centrale, dont certains turcophones (et proches des actuels Balkars du Caucase), mais aussi iraniennes (et proches des Alains et des actuels Ossètes du Caucase) qui seront eux aussi assimilés par l’immense population slave. Mais, aujourd’hui, la carte génétique renvoie à une origine européenne de la plupart des Bulgares. La langue aussi a préservé des centaines de mots thraciens. Cependant, les écritures runiques bulgares, encore mal étudiées, tendent à prouver une appartenance linguistique du groupe principal aux langues du Pamir utilisées autrefois avant la turquisation forcée et tardive de la région vers le xive siècle (P. Dobrev). Ils commencent à affluer vers l’Europe par vagues successives à partir du iie siècle après J.-C. et s’installent d’abord sur le Don. For
Au viie siècle, les Bulgares du Don se séparent en deux : une moitié remonte vers le nord et fonde la Bulgarie de la Volga (ultérieurement convertie à l’islam et assimilée par les Tatars); l’autre moitié, menée par le khan Asparoukh, migre vers l’ouest et fonde le 9 août 681 la « Bulgarie du Danube », un vaste état qui s’étendait sur les actuelles Bulgarie, Macédoine, Serbie, Hongrie occidentale, Roumanie et Moldavie. Selon des thèses récentes et bien fondées, telle que celle de l’académicien Bojidar Dimitrov, ce premier État bulgare est la continuation directe de l’État de Koubrat le Grand, le père d’Asparoukh21, dont l’empire couvrait aussi l’actuelle Ukraine.
La Bulgarie augmentait sa puissance avec chaque monarque suivant – en 717 le khan Tervel est appelé par ses contemporains « le Sauveur d’Europe », après avoir sauvé Byzance des assauts arabes avec l’armée bulgare. Kroum (803-814) institue le premier code de lois bulgare connu, qui pourrait être le premier exemple de politique sociale étatique dans l’histoire, assurait des subsides aux mendiants et la protection de l’État aux pauvres et à tous les Bulgares. En 864, Boris Ier abolit le tengrisme et embrasse la foi orthodoxe, adopte le slavon comme langue usuelle et officielle.
Le royaume de Bulgarie devient rapidement une dangereuse menace pour l’Empire byzantin. Il atteint son apogée culturel et sa plus grande extension territoriale sous Siméon Ier, fils de Boris Ier, le Charlemagne bulgare, reconnu tsar (déformation de César, jusqu’à cette époque-là les monarques bulgares se titraient comme khans) en 913 par Constantinople et en 926 par Rome. Ce royaume multi-ethnique, où cohabitent des Grecs (le long des côtes), des Slavons (majoritaires au long des rivières internes), des Albanais (dans l’ouest) et des Thraces latinisés connus dans l’histoire sous le nom de « Roumains » (autour des principaux massifs montagneux, des lacs macédoniens et du Danube), s’étend considérablement : de la mer Adriatique à la mer Noire, et du nord de la Roumanie actuelle à la Thessalie. Les fastes de la cour bulgare et de l’Église contrastent avec le sort misérable des paysans sous le régime féodal. Les nombreuses guerres, le poids des impôts et le mécontentement populaire affaiblissent le premier royaume bulgare.
Au xe siècle, en 969, l’empereur byzantin Basile II (surnommé « Bulgaroctone », le « Tueur de Bulgares »), allié aux Rus’ de Russes de Kiev, attaque la Bulgarie. En 971, il prend Preslav, la capitale, et, en 1018, il met fin au premier Tzarat et réincorpore les anciens territoires de la Bulgarie dans l’Empire romain d’Orient.
En 1180, la révolte des Bulgares et des Valaques menée par les frères Petar et Assen, aboutit au Second Empire Bulgare.La forteresse d’Assen, un avant-poste de la Bulgarie contre l’Empire Latin pendant le règne d’Ivan Assen II

Durant le règne de Jean Kalojan (1197-1207, dit « Joanisse, roi de Blaquie et de Bougrie » par Geoffroi de Villehardouin) la Quatrième croisade détruit la puissance byzantine en 1204 : Constantinople devient le siège d’un Empire latin d’orient. Baudouin VI de Hainaut qui avait été proclamé empereur à Constantinople tente de conquérir le royaume, mais Kalojan l’écrasa et le fit prisonnier à Andrinople en avril 1205. La rançon n’étant pas payée, Baudouin mourut en captivité. Kalojan mourut assassiné en 1207 par un mercenaire couman alors qu’il assiégeait Thessalonique tombée entre les mains des Croisés.
Plus tard, sous le règne de Ivan Assen II (1218-1241), le royaume parvint à son apogée. Les arts et la culture connaissent un grand essor, comme en témoignent, entre autres, les fresques du monastère de Boiana près de Sofia, de nombreuses églises, ainsi que le palais de Tarnovo sur la colline de Tsarevets. À cette époque le royaume possédait l’accès à trois mers : la mer Noire, la mer Égée et la mer Adriatique. Sur le plan économique, Ivan Asen II encouragea le commerce, accorda des privilèges à la république de Dubrovnik (vers 1230) et frappa monnaie en or et en bronze.
Ivan Assen II mourut en 1241. Une conjuration de boyards assassina son fils mineur ainsi que son frère Mihail Assen. En 1242, les raids tatars et mongols frappèrent durement le royaume des Assénides, au retour de leur grande invasion en Occident, et obligent cet État à payer tribut à la Horde d’or dirigée par Djötchi. La dynastie des Assénides régnera encore une quarantaine d’années, avant d’être remplacée par la dynastie des Terter.
Bien qu’affaibli par la domination tatare, le royaume connaîtra une dernière période brillante sous le long règne (1331-1371) de tsar Ivan Alexandre. La première période de son règne (1331-1364) est une réussite avec la reconquête des territoires qui avaient perdus en Thrace, le long de la Mer Noire et dans les Rhodopes. La seconde période (1365-1371) est marqué par les défaites contre Amédée VI de Savoie qui se dirige vers la Mer Noire (1366-1367), contre le Royaume de Hongrie qui envahit la région de Vidin. (1365-1369). Le royaume est partagé entre les fils d’Ivan Alexandre, l’un ayant le royaume de Vidin, l’autre le royaume de Tărnovo, alors que le Despotat de Dobroudja était devenu indépendant au fil du règne d’Ivan Alexandre. Trop faibles pour opposer une résistance réelle, les deux royaumes de Tarnovo (1393) et de Vidin (1396) allaient tomber l’un après l’autre sous la domination de l’Empire ottoman à la fin du xive siècle.
La Bataille de Varna en 1444 était la culmination de la dernière Croisade contre la conquête ottomane de Bulgarie.

La Bulgarie est entièrement conquise en 1396. La position géographique de la Bulgarie, l’importance relative de sa population ainsi que le peu d’intérêt que lui portaient les puissances occidentales en ont fait une province de l’Empire ottoman pendant près de cinq siècles, de 1396 à 1878. La Bulgarie, annexée à l’Empire ottoman, n’est alors qu’une province administrée par les sultans d’Istanbul sous la tutelle religieuse du Patriarcat de Constantinople. Le pays perd son indépendance mais aussi son nom et sa capitale : les Ottomans n’emploient que le mot Roumélie (en turc Rumeli qui signifie « pays des Romains », c’est-à-dire pris aux latinophones). Un système féodal strict y fut établi, afin de contrôler de près cette région proche d’Istanbul et donc stratégiquement essentielle. Les Bulgares n’étaient pas juridiquement égaux avec les musulmans ottomans et devaient payer des impôts beaucoup plus élevés (dhimmitude). Mosquées et minarets se multiplient au fil de la colonisation ottomane et de l’islamisation d’une partie des Slaves (Pomaques). Sur les côtes, les Grecs demeurent à Nessebar, Obzor et Varna.
Quelques églises sont rasées et c’est autour de la religion chrétienne, dans les montagnes, que la résistance s’organise, le plus souvent grâce aux monastères qui vivaient repliés sur eux-mêmes pour éviter les représailles, mais qui entretenaient le culte de la nation bulgare. La période ottomane permet aussi l’accès à l’indépendance de l’Église Bulgare. Échappant à la tutelle du Patriarcat œcuménique de Constantinople, dominé par les Grecs, les religieux orthodoxes bulgares instaurent l’exarchat Bulgare en 1870 avec le consentement de la Sublime Porte et sous les pressions russes.
Vers la deuxième moitié du xviiie siècle, avec le développement de l’économie et le commerce et le déclin de la force militaire turco-ottomane, une nouvelle génération de Bulgares surgit. Les plus éminents personnages de cette véritable Renaissance tardive « à la bulgare » sont le moine Païssii de Hilendar, Petar Beron, Kolio Ficheto (le plus grand architecte de l’époque), Georgi Rakovski, le poète Hristo Botev (tué en 1876), Georgi Benkovski, Liuben Karavelov et Stefan Stambolov. Isolés dans leurs montagnes, les monastères deviennent de vrais foyers de résistance contre les Ottomans. De nombreux nationalistes y trouveront refuge. Parmi eux, le plus célèbre des héros révolutionnaires, Vassil Levski, sera pendu à Sofia.
La domination ottomane ne prend effectivement fin qu’à la suite de l’insurrection d’avril 1876, qui entraîne la guerre russo-turque de 1877 et le traité de San Stefano du 3 mars 1878, par lequel la Bulgarie acquiert une indépendance relative en tant que principauté autonome.

Périple Bulgare